Succès populaire pour le Mondial de la Bière

Avec 7 800 entrées enregistrées en trois jours, le Mondial de la Bière a connu un vrai succès pour sa première édition. De là à dire, comme l’ont clamé ses organisateurs, que ce fut « le plus grand festival de bière en France » est pour le moins immodeste… et surtout plutôt usurpé, puisque le Festival de Lyon a annoncé 9 000 visiteurs – et sur deux jours seulement – en avril dernier. Mais la réussite de la manifestation organisée par Omnivore (il paraît qu’il faut dire « craftée« , sic…) n’en est pas moins indéniable, car elle a réuni dans de bonnes conditions des brasseries très variées, aussi bien en taille qu’en provenance, car une vingtaine de pays étaient représentés, des 3 Croquants venus du Périgord ou la petite Cantik de Chantilly aux puissantes Meteor d’Alsace, Stone de Berlin ou encore Paulaner. Et donc de nombreuses bières inédites encore en France. Le système de carte électronique pour payer les dégustations (à un prix plutôt raisonnable d’ailleurs) s’est révélé bien pratique, évitant toute manipulation d’espèces ou de retrait de tickets comme cela se fait le plus souvent ailleurs.

Et il n’y avait pas que les stands de brasseries, grâce à deux types d’animation bien étudiés : le « Beer Live », où chaque exposant a pu présenter son entreprise pendant 20 minutes et répondre aux questions ; et le « Beer Tasting » (lassant, ces anglicismes, surtout dans une manifestation venant du Québec), avec des dégustations commentées d’un grand intérêt. Et puis – la patte Omnivore – la partie « solide » s’est révélée d’une belle diversité, à commencer par le chef inventif Florent Ladeyn (Bloempot à Lille), avec un menu complet à 25 euros, mais aussi différents corners aux multiples accents culinaires.

Et c’est aussi un salon où l’on peut acheter les bières découvertes et appréciées, voire les commander grâce à Saveur Bière, qui a fait une entrée remarquée pour sa première présence dans un salon. Par bien des aspects, ce Mondial s’est révélé plutôt complémentaire que concurrent de Planète Bière, les deux manifestations ayant d’ailleurs des exposants en commun. Planète est en effet davantage tourné vers les professionnels de la filière, avec contacts commerciaux significatifs, alors que le Mondial ne vise « que » le grand public. Au vu de la foule encombrant les allées à certaines heures du samedi, difficile d’ailleurs de faire autre chose que déguster des bières et s’informer – un peu – sur elles.

Le seul point problématique reste pour moi le concours MBIÈRE, organisé une nouvelle fois sur le modèle initié par l’irremplaçable Mario D’Eer. Car pour déguster 118 bières en deux jours, il n’était que trois jurés, certes compétents : Catherine Dionne-Foster (brasserie Korrigane au Québec), Oliver Wesseloh (Kehrwieder Kreativbrauerei d’Hambourg) et Daniel Thiriez, le brasseur d’Esquelbecq. Ce n’est plus de la dégustation – telle que je la pratique en tout cas – mais du marathon stakhanoviste ! Quant au palmarès, je vous laisse libre de ce que vous pourrez en penser : médaille de Platine pour la Scotch Ale, Black Isle Brewing Co. (Royaume-Uni) et médaille d’Or pour

  • Amor Fati, White Frontier Brewery, Suisse
  • Dirty Bastard, Founders Brewing Co., États-Unis
  • Frappabord, Microbrasserie du lac St-Jean, Canada
  • Finistera Imperial Porter, Dois Corvos, Portugal
  • Freeride World Tour, White Frontier Brewery, Suisse
  • L’Ours, Brassin spécial, Microbrasserie Le Trou du Diable, Canada
  • Meteor Blanche, Brasserie Meteor, France
  • Mexicake, Tempest Brewing Co., Écosse
  • Stone the Crows, Brewski, Suède
  • Supernova, Brasserie Meteor, France
  • Tante Tricotante Chardonnay, Microbrasserie du Lac St-Jean, Canada
  • Thawack!, FrogBeer, France.
    A l’année prochaine en tout cas, à une date qui n’est pas encore connue.

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