Bernard Lancelot n’est plus

Fondateur de la brasserie bretonne qui porte son nom, Bernard Lancelot est décédé dimanche dernier à l’âge de 77 ans. Pionnier du renouveau de la bière artisanale en Bretagne avec Coreff, il était devenu brasseur à cause du… miel ! En effet, ancien technicien à la centrale nucléaire de Chinon, il avait quitté ce métier pour devenir apiculteur au manoir de Guermahia, au coeur du Morbihan.  Ses miels étaient réputés, y compris dans les meilleures épiceries parisiennes, mais, cherchant à leur trouver d’autres utilisations que le chouchen, il avait découvert que les cervoises celtes étaient probablement aromatisées au miel. Alors, il s’est lancé dans le brassage en autodidacte à partir de 1989. Ses bières s’inspirent d’emblée de l’univers celte qu’il connaissait très bien : Cervoise Lancelot, Duchesse Anne, Blanche Hermine, Telenn Du, Bonnets Rouges, Morgane, etc… Devant le succès remporté par ses créations, il installe ensuite sa brasserie sur un site historique, une ancienne mine d’or au Roc Saint-André, située en pleine forêt. En réaction à la vogue d’Halloween, qu’il juge abâtardie par rapport aux origines, il organise chaque année la fête de Samhain pour laquelle il élabore une bière spéciale titrant plus de 11 degrés. Il crée aussi un des premiers colas régionaux, le Breizh Cola, qui connaît un vrai succès.

Bernard Lancelot était depuis toujours un militant écologiste, appartenant aux Amis de l’Arche de Lanza del Vasto, puis étant membre des Verts, allant jusqu’à se présenter à une élection locale en 1992. Il a aussi participé à la création d’un groupement d’achats de produits biologiques, et a travaillé sur plusieurs réalisations réhabilitant les milieux naturels (comme une tourbière) ou des projets faisant connaître le patrimoine culturel breton.

En 2004, il décide de prendre sa retraite, cédant sa brasserie à ses cadres, Stéphane Kerdodé et Eric Ollive, qui en poursuivent toujours l’expansion. Mais il a toujours continué à venir de temps à temps sur le site du Roc Saint-André, notamment pour récupérer des drèches pour nourrir ses moutons. Il était marié, père de trois enfants et sept fois grand-père.

Un dernier hommage lui sera rendu jeudi 16 janvier au crématorium de Plescop. (Photo : Jean-Charles Michel).

1 Commentaire

  1. Philippe GAILLIARDOT

    Honneur à ce grand Monsieur honnête et passionné créateur et Amateur de la vraie Bière
    Paix à son âme
    Ph.G.

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