Brasseurs de France face aux défis du confinement

Après un mois de confinement, la situation des brasseries est déjà très grave, selon les informations recueillies auprès de Maxime Costilhes, délégué général de Brasseurs de France, avec des pertes atteignant au moins 35 à 40 % de leurs ventes en moyenne. « Evidemment, précise-t-il, c’est la fermeture totale des établissements CHR qui a le plus d’impact. Et en ce qui concerne la gande distribution, si les ventes y ont été importantes la première semaine, elles ont fortement décrues ensuite, la bière n’étant pas manifestement une denrée sur laquelle les gens se sont jetés ».

Si les reports de charges et d’emprunts constituent une bonne mesure, ainsi que la suspension des droits d’accises à l’embouteillage, le recours au chômage partiel est compliqué à mettre en œuvre pour nombre de brasseries, car elles emploient peu de personnel. « Quant au fonds de solidarité mis en place par l’Etat et les régions pour soutenir les entreprises de moins de 10 salariés, souligne Maxime Costilhes, il n’est que de 2 000 euros, et nous négocions toujours actuellement pour en améliorer les conditions d’éligibilité, afin que plus de petites brasseries indépendantes puissent en bénéficier ».

La plus grosse inquiétude, selon lui, concerne le secteur CHR, déjà bien mal en point après une année de manifestations des gilets jaunes suivis par la grève contre la réforme des retraites : « beaucoup d’établissements, très fragilisés par cette forte diminution de leurs chiffre d’affaires, n’auront pas droit à des aides. Et les factures impayées à leurs fournisseurs, dont les brasseries, risquent d’être très importantes ».

Alors que Brasseurs de France mène des négociations avec les pouvoirs publics pour améliorer encore le soutien aux entreprises et préparer la reprise post confinement, le gros point noir est constitué par les assurances. Car elles refusent d’indemniser les entreprises pour leurs pertes d’exploitation, estimant que la crise actuelle n’est ni une catastrophe naturelle, ni une calamité spécifique. La dernière proposition en date de la profession, demandant que soit reconnue la situation de « perte d’exploitation pour risques alimentaires » n’a pas encore été acceptée par les assurances.

Par ailleurs, Brasseurs de France participe à l’opération « J’aime mon bistrot » lancée par un collectif de distributeurs-grossistes en boisson, de fabricants et de producteurs. Cette plateforme permet à chaque consommateur de soutenir son établissement préféré en lui versant la somme de son choix qui donne lieu à l’émission d’un bon d’achat qu’il pourra utiliser dès la réouverture. Les sommes recueillies sont versées immédiatement à l’établissement concerné afin de soulager sa trésorier, et sont abondées à hauteur de 50 % par les partenaires de l’opération : Fédération nationale des Boissons, Fédération française des spiritueux, Boissons rafraîchissantes de France, Unijus, Maison des eaux minérales naturelles et, donc, Brasseurs de France.

 

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