Conférence sur la brasserie : vivement la reprise !

A l’initiative du Musée Français de la Brasserie et de Destination Nancy, organisateurs du Salon du Brasseur, une visio-conférence a été organisée samedi 10 avril pour faire le point sur la situation de la Brasserie française plus d’un an après le début de la pandémie. Premier constat : si les entreprises, petites comme grandes, ont beaucoup souffert des confinements successifs, leur état ne semble pas être vraiment catastrophique, mais il y a urgence que la réouverture annoncée soit rapidement effective.

Sur le plateau de Destination Nancy ou par écrans interposés, étaient réunis Maxime Costilhes (Brasseurs de France), Jean-François Drouin (Syndicat National des Brasseurs Indépendants), Antoine Wuchner (Secrétaire Général des producteurs de houblon), Daniel Beckel (brasserie Régal’Potes) et Brice Krajecki (brasserie Tichemont), pour un débat d’une heure trente animé principalement par Jean-Louis Baudy. Manquaient tout de même un représentant d’une des grandes brasseries industrielles du pays comme de la malterie…

Jean-François Drouin (SNBI), Daniel Beckel (Regal’Potes) et Antoine Wuchner (Houblonniers).
Brice Krajecki (brasserie Tichemont) et Maxime Costilhes (Brasseurs de France).

Le bilan dressé tour à tour par les brasseurs a témoigné des grosses difficultés entraînées par la pandémie, principalement en raison de la fermeture des bars et restaurants et de l’arrêt de l’événementiel, qui ont entraîné jusqu’à 50 % de perte de chiffres d’affaires, voire plus pour ceux produisant essentiellement en fûts. Mais les témoignages des présents ont montré que bien des brasseurs ont su réagir, trouvant d’autres solutions pour réaliser un peu de commercialisation : vente sur place, click and collect, recours accru à la grande distribution, voire distillation des bières en fûts non utilisés. Comme l’a résumé Jean-François Drouin, « heureusement, les brasseurs ont su s’adapter en ne mettant pas tous leurs oeufs dans le même panier ».

Et puis il y a eu de nombreuses aides mises en place par les pouvoirs publics (auxquels Jean-François Drouin a adressé de vives félicitations) qui ont permis aux brasseurs de « tenir le coup » au fil des mois. Mais Maxime Costilhe a rappelé qu’il a fallu à son organisation professionnelle beaucoup intervenir pour que les brasseurs puissent en bénéficier totalement, même si il a été obtenu une aide spécifique de 4,5 millions d’euros grâce à France Agrimer. Et il a manifesté beaucoup d’inquiétudes quant à l’avenir, principalement lors qu’il faudra rembourser les prêts et les emprunts, alors que les compagnies d’assurance « n’ont pas joué le jeu » tant pour les pertes d’exploitation que pour le report des échéances. Quant aux houblonniers, ils estiment que la crise a entraîné jusqu’à 15 % d’invendus, même si la demande en houblons français reste toujours largement supérieure à l’offre.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pratiquement pas eu plus de faillites de brasseries que par rapport aux années précédentes. Mieux, il s’est pratiquement créé autant de nouvelles brasseries qu’avant la crise, et les projets ou les modernisations sont toujours aussi nombreux.

Mais, de l’avis général, il est vraiment temps que la reprise soit enfin là, car les brasseries sont à la limite de leurs possibilités à tenir le coup. D’autant que, selon un sondage du SNBI auprès de ses adhérents, plus d’un tiers sont très inquiets quant à l’avenir proche.

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