Moins de 20 ans après sa création, la brasserie écossaise BrewDog est mise en vente et cherche un repreneur. Car, en cinq ans, l’entreprise a accumulé des pertes colossales qu’elle ne peut plus financer. Déjà, ces dernières années, elle avait discrètement fermé plusieurs de ses bars dans le monde, dont ceux de Paris, laissant les personnels sur le carreau.
Cette annonce concrétise l’échec de ce qui avait bien commencé comme une réussite de la brasserie artisanale. Grâce à sa Punk IPA, la brasserie avait donné le signal en Europe, puis dans le monde, du succès auprès des consommateurs des bières amères et très houblonnées, à l’opposé de la domination des fades lagers industrielles. De plus, BrewDog ne s’est pas contenté de développer ce style, mais avait mis un système participatif où ses consommateurs pouvaient devenir ses actionnaires.
Cette belle envolée n’aura duré que quelques années, et BrewDog s’est fait piéger par son recours à des investissements massifs pour financer son développement mondial, devenant ainsi un groupe industriel comme les autres, au rebours de son modèle artisanal initial. Mais ses ventes, importantes, n’ont pas suffi à conforter son équilibre financier.
On ignore encore ce que va devenir BrewDog, et les sites spécialisés envisagent différentes solutions : soit le démantèlement avec revente des différentes activités, comme la marque elle-même ou les bars encore existants, à des acheteurs intéressés, soit la liquidation pure et simple des actifs existants. Il serait question aussi d’un retour de James Watt, l’un des fondateurs, qui reprendrait la marque à un prix cassé. L’avenir proche devrait le dire.
Reste que sans BrewDog, qui d’ailleurs n’avait guère innové ces derniers temps, la brasserie artisanale va certainement continuer sa croissance, toujours aussi innovante, car elle n’a plus besoin de la brasserie écossaise pour intéresser de nouveaux amateurs de bières typées.